Presse
Genève fédère les cantons pour sauver les vols intérieurs -
29/08/2003
RÉSEAU DOMESTIQUE - Trois compagnies ont été retenues pour reprendre la ligne Genève-Lugano.
Berne / Arthur Grosjean
« Ils étaient tous là. » Carlo Lamprecht, le chef du Département de l'économie genevoise, n'arrêtait pas de le répéter hier dans le salon Empire de l'Hôtel Schweizerhof, à Berne. Qui, tous ? Tous les représentants des aéroports de Suisse. Ils ont répondu à l'appel du tocsin sonné par Genève le 14 juillet après que Swiss eut annoncé qu'elle supprimait nombre de ses vols intérieurs. « Il est très important pour la Suisse d'avoir un réseau aérien domestique avec des vols rapides et à des prix abordables. Pour l'essor économique d'une région et pour le développement des échanges universitaires et culturels. Il en va de la cohésion nationale. »
Carlo Lamprecht a tout de suite prévenu qu'il ne s'agissait pas de financer une compagnie. Celle-ci doit être viable. Tout au plus l'aidera-t-on en abaissant les taxes d'aéroport pendant quelques années. Le magistrat s'est d'ailleurs réjoui que le Conseil fédéral ait accepté d'exempter les vols intérieurs de la taxe sur le carburant.
Les cantons ont tout de suite retroussé leurs manches. Ils ont examiné les repreneurs potentiels de la liaison Genève-Lugano. Dix compagnies ont manifesté leur intérêt. Mais comme l'a reconnu le conseiller d'Etat, « il y avait dans ces offres à boire et à manger ». Les cantons ont déjà opéré un premier choix. Ils ont retenu trois compagnies: Darwin, Baboo et Hello, la compagnie fondée récemment par Moritz Suter. Ils ont constitué un groupe de travail composé des directeurs des aéroports de Bâle, Lugano et Genève et présidé par le magistrat luganais Guido Brioschi. Le collège devra examiner la qualité des trois dossiers restants.
Cet avis sera purement consultatif. Il appartient en effet à l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC) d'accorder ou non une concession. Mais le lobby cantonal compte bien exercer une pression ferme sur l'administration fédérale, comme le déclare Guido Brioschi. « Nous savons que l'Etat met d'habitude longtemps avant de délivrer une concession. Mais ici, il y a urgence. Les vols Genève-Lugano s'arrêtent le 26 octobre. » Et personne ne souhaite que la clientèle s'évapore dans la nature si la jonction n'est pas opérée.
Reste que les délais apparaissent extrêmement courts. Et l'OFAC traverse une zone de turbulences. Elle est à la fois critiquée par les cantons pour ses mesures expéditives, voire le psychodrame de l'affaire de l'aéroport d'Agno, et par son chef politique Moritz Leuenberger. Celui-ci ne se gêne plus de critiquer ouvertement l'OFAC et il a collé dans les pattes de son directeur André Auer un nouveau délégué à la sécurité.
En attendant, les cantons aéroportuaires ont promis de se revoir le 14 octobre pour faire le point.
24 heures, 29.08.2003, p. 10
RÉSEAU DOMESTIQUE - Trois compagnies ont été retenues pour reprendre la ligne Genève-Lugano.
Berne / Arthur Grosjean
« Ils étaient tous là. » Carlo Lamprecht, le chef du Département de l'économie genevoise, n'arrêtait pas de le répéter hier dans le salon Empire de l'Hôtel Schweizerhof, à Berne. Qui, tous ? Tous les représentants des aéroports de Suisse. Ils ont répondu à l'appel du tocsin sonné par Genève le 14 juillet après que Swiss eut annoncé qu'elle supprimait nombre de ses vols intérieurs. « Il est très important pour la Suisse d'avoir un réseau aérien domestique avec des vols rapides et à des prix abordables. Pour l'essor économique d'une région et pour le développement des échanges universitaires et culturels. Il en va de la cohésion nationale. »
Carlo Lamprecht a tout de suite prévenu qu'il ne s'agissait pas de financer une compagnie. Celle-ci doit être viable. Tout au plus l'aidera-t-on en abaissant les taxes d'aéroport pendant quelques années. Le magistrat s'est d'ailleurs réjoui que le Conseil fédéral ait accepté d'exempter les vols intérieurs de la taxe sur le carburant.
Les cantons ont tout de suite retroussé leurs manches. Ils ont examiné les repreneurs potentiels de la liaison Genève-Lugano. Dix compagnies ont manifesté leur intérêt. Mais comme l'a reconnu le conseiller d'Etat, « il y avait dans ces offres à boire et à manger ». Les cantons ont déjà opéré un premier choix. Ils ont retenu trois compagnies: Darwin, Baboo et Hello, la compagnie fondée récemment par Moritz Suter. Ils ont constitué un groupe de travail composé des directeurs des aéroports de Bâle, Lugano et Genève et présidé par le magistrat luganais Guido Brioschi. Le collège devra examiner la qualité des trois dossiers restants.
Cet avis sera purement consultatif. Il appartient en effet à l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC) d'accorder ou non une concession. Mais le lobby cantonal compte bien exercer une pression ferme sur l'administration fédérale, comme le déclare Guido Brioschi. « Nous savons que l'Etat met d'habitude longtemps avant de délivrer une concession. Mais ici, il y a urgence. Les vols Genève-Lugano s'arrêtent le 26 octobre. » Et personne ne souhaite que la clientèle s'évapore dans la nature si la jonction n'est pas opérée.
Reste que les délais apparaissent extrêmement courts. Et l'OFAC traverse une zone de turbulences. Elle est à la fois critiquée par les cantons pour ses mesures expéditives, voire le psychodrame de l'affaire de l'aéroport d'Agno, et par son chef politique Moritz Leuenberger. Celui-ci ne se gêne plus de critiquer ouvertement l'OFAC et il a collé dans les pattes de son directeur André Auer un nouveau délégué à la sécurité.
En attendant, les cantons aéroportuaires ont promis de se revoir le 14 octobre pour faire le point.
24 heures, 29.08.2003, p. 10
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