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Une nouvelle compagnie genevoise vise la liaison Cointrin-Agno... pour commencer. - 22/08/2003
AVIATION. Baboo Airways s'inspire d'easyJet et de Crossair pour desservir à bas prix les marchés de niche délaissés par d'autres - dont Swiss.
Julian Cook n'est pas encore très connu dans les milieux de l'aviation, mais lui connaît les coulisses financières du secteur. Pendant trois ans, il a travaillé pour le groupe «Aerospace» à la Chase Manhattan Bank de Londres. Dans le cadre d'un diplôme MBA, il a piloté la recapitalisation de la compagnie régionale argentine Southern Wings (12 avions, 600 emplois). Il a enfin obtenu un prix d'excellence à l'Université américaine de Columbia pour le business plan d'une compagnie de niche transatlantique, Newlines Airways, dont le projet a capoté dans la tourmente de l'après-11 septembre.
Revenu dans sa ville natale de Genève, Julian Cook travaille depuis cinq mois à la création d'une nouvelle compagnie basée à Cointrin, Baboo Airways, dont le premier objectif est de reprendre, le 27 octobre prochain, la ligne Genève-Lugano abandonnée par Swiss. Le dossier sera déposé mardi prochain à l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC). Vu le délai trop court pour obtenir les autorisations nécessaires en deux mois, Baboo Airways propose de démarrer ses activités sur la base d'un «wet lease» conclu avec une société tierce: cette dernière exploiterait dans un premier temps, contre espèces sonnantes et trébuchantes, le Bombardier Dash 8-300 de 50 places qui devrait effectuer trois vols quotidiens (aller et retour) entre Cointrin et Agno. Julian Cook ne dévoile pas l'identité du groupe d'investisseurs (essentiellement romands) avec lesquels il espère finaliser un tour de table de 5 millions de francs à mi-septembre. D'après ses explications, il s'agit d'entreprises et de personnes professionnellement intéressées au maintien d'une liaison aérienne. Une demande de subvention de 2 millions, déposée auprès de la fondation Start PME, devrait compléter l'investissement de départ.
Baboo Airways, nom dérivé de celui donné à une société de production musicale que Julian Cook a créée avec deux partenaires il y a un an, ne se limite pas au projet de ligne Genève-Lugano. Si celle-ci s'avère rentable, d'autres liaisons pourraient s'ouvrir vers Marseille, Saint-Tropez, Venise ou Florence. Le rythme de croissance, dans ce scénario, serait d'un nouvel avion de type Dash 8 (en leasing) tous les six mois, sur trois ans.
Les modèles dont s'inspire la compagnie sont clairement easyJet pour le système de réservation ou les tarifs progressifs, et Crossair pour l'adaptation en souplesse à la demande d'une clientèle de niche. Baboo Airways veut offrir des tarifs compétitifs - dès 49 francs (hors taxes aéroport) jusqu'à 200 francs pour un aller simple Genève Lugano - combinés avec un service convivial. La compagnie devrait employer une quinzaine de personnes au printemps 2004.
La concurrence ne manquera pas, puisque cinq à huit projets, selon les rumeurs, sont en lice pour la reprise de la ligne Cointrin-Agno. A ce jour, précise toutefois Florin Hungerbühler de l'OFAC, aucune demande n'a été formellement déposée. Mentionné parmi les candidats, le fondateur de Crossair, Moritz Suter, fait preuve d'une grande prudence: «Nous travaillons sérieusement sur le projet, mais il me manque des éléments de coûts. Je ne veux pas faire une folie.» Pas de conférence de presse à attendre de son côté avant trois semaines, donc. Tout au plus Moritz Suter relève-t-il que la floraison d'initiatives illustre la faiblesse de Swiss, qui crée un appel d'air.
Par Jean-Claude Péclet
Le Temps
AVIATION. Baboo Airways s'inspire d'easyJet et de Crossair pour desservir à bas prix les marchés de niche délaissés par d'autres - dont Swiss.
Julian Cook n'est pas encore très connu dans les milieux de l'aviation, mais lui connaît les coulisses financières du secteur. Pendant trois ans, il a travaillé pour le groupe «Aerospace» à la Chase Manhattan Bank de Londres. Dans le cadre d'un diplôme MBA, il a piloté la recapitalisation de la compagnie régionale argentine Southern Wings (12 avions, 600 emplois). Il a enfin obtenu un prix d'excellence à l'Université américaine de Columbia pour le business plan d'une compagnie de niche transatlantique, Newlines Airways, dont le projet a capoté dans la tourmente de l'après-11 septembre.
Revenu dans sa ville natale de Genève, Julian Cook travaille depuis cinq mois à la création d'une nouvelle compagnie basée à Cointrin, Baboo Airways, dont le premier objectif est de reprendre, le 27 octobre prochain, la ligne Genève-Lugano abandonnée par Swiss. Le dossier sera déposé mardi prochain à l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC). Vu le délai trop court pour obtenir les autorisations nécessaires en deux mois, Baboo Airways propose de démarrer ses activités sur la base d'un «wet lease» conclu avec une société tierce: cette dernière exploiterait dans un premier temps, contre espèces sonnantes et trébuchantes, le Bombardier Dash 8-300 de 50 places qui devrait effectuer trois vols quotidiens (aller et retour) entre Cointrin et Agno. Julian Cook ne dévoile pas l'identité du groupe d'investisseurs (essentiellement romands) avec lesquels il espère finaliser un tour de table de 5 millions de francs à mi-septembre. D'après ses explications, il s'agit d'entreprises et de personnes professionnellement intéressées au maintien d'une liaison aérienne. Une demande de subvention de 2 millions, déposée auprès de la fondation Start PME, devrait compléter l'investissement de départ.
Baboo Airways, nom dérivé de celui donné à une société de production musicale que Julian Cook a créée avec deux partenaires il y a un an, ne se limite pas au projet de ligne Genève-Lugano. Si celle-ci s'avère rentable, d'autres liaisons pourraient s'ouvrir vers Marseille, Saint-Tropez, Venise ou Florence. Le rythme de croissance, dans ce scénario, serait d'un nouvel avion de type Dash 8 (en leasing) tous les six mois, sur trois ans.
Les modèles dont s'inspire la compagnie sont clairement easyJet pour le système de réservation ou les tarifs progressifs, et Crossair pour l'adaptation en souplesse à la demande d'une clientèle de niche. Baboo Airways veut offrir des tarifs compétitifs - dès 49 francs (hors taxes aéroport) jusqu'à 200 francs pour un aller simple Genève Lugano - combinés avec un service convivial. La compagnie devrait employer une quinzaine de personnes au printemps 2004.
La concurrence ne manquera pas, puisque cinq à huit projets, selon les rumeurs, sont en lice pour la reprise de la ligne Cointrin-Agno. A ce jour, précise toutefois Florin Hungerbühler de l'OFAC, aucune demande n'a été formellement déposée. Mentionné parmi les candidats, le fondateur de Crossair, Moritz Suter, fait preuve d'une grande prudence: «Nous travaillons sérieusement sur le projet, mais il me manque des éléments de coûts. Je ne veux pas faire une folie.» Pas de conférence de presse à attendre de son côté avant trois semaines, donc. Tout au plus Moritz Suter relève-t-il que la floraison d'initiatives illustre la faiblesse de Swiss, qui crée un appel d'air.
Par Jean-Claude Péclet
Le Temps
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